La Fabrique du Projet

ROSE

La Fabrique du Projet

ROSE

Parce que nous croyons en la capacité de l’intelligence collective à générer les meilleurs projets et au pouvoir de cette candidature de fédérer l’ensemble des acteurs culturels insulaires autour d’elle, Bastia Corsica 2028 a souhaité mener une large consultation dès le mois de décembre 2021 : la Fabrique du Projet.

Cette Fabrique a pris la forme de plusieurs sessions d’ateliers de travail visant à mobiliser l’ensemble des forces vives insulaires afin de définir les contours du projet culturel de la candidature de Bastia-Corsica.

Elle s’est tenue les 3, 4 et 6 décembre 2021 à Corti, Sartè et Bastia.

PRENDRE (SA) PART

Mobiliser et impliquer les habitants autour de Bastia Corsica 2028 ou les droits culturels en question.

L’aventure Bastia Corsica 2028 doit contenir une promesse : celle de faire entrer l’art et la culture dans le quotidien des habitants de la ville de Bastia et de l’île.

Alors que les pratiques artistiques et culturelles sont très largement partagées, oscillant indifféremment entre cultures savantes et cultures populaires, cette fonction intégratrice de l’art et de la culture doit prendre encore plus d’acuité à l’occasion de la candidature Bastia-Corsica 2028.

Inventer les modes d’actions agiles pour atteindre un idéal de partage et d’émancipation par l’art et la culture pour chacun des habitants, telles sont les ambitions de cette candidature.

Cette dimension du « Prendre (sa) part » constitue une ligne de force de la matrice qui réunit les partenaires autour de la candidature. Elle aura à s’incarner de manière transversale dans les programmations à déployer en répondant à un certain nombre d’enjeux :

Comment mieux prendre en compte la diversité des sensibilités et des aspirations de la population insulaire ?

Comment engager la mobilisation citoyenne et quelle place accorder aux dispositifs participatifs?

Quelle place pour l’éducation artistique et culturelle ainsi que pour l’éducation populaire ?

Comment toucher les différentes générations qui ont des bagages culturels très différenciés ?

Comment les jeunes générations peuvent-elles contribuer à l’enrichissement de la candidature ?

Modératrice
Yolaine Lacolonge

Yolaine Lacolonge est cheffe du service action pédagogique artistique et culturelle au sein de la Collectivité de Corse. Elle a auparavant exercé des fonctions similaires au sein du service de l’audiovisuel, du cinéma et de l’image animée de la CdC et au sein de la Direction générale de la Culture et du Patrimoine de la ville d’Ajaccio. Ses différentes fonctions lui confèrent une expertise en matière de connaissance des publics et des pratiques culturelles en Corse.

 

Artiste
Robin Renucci

Robin Renucci est acteur et réalisateur. Il est le fondateur et le Président de l’ARIA. Il est directeur des tréteaux de France. Il préside également l’association des centres dramatiques nationaux et siège au Haut conseil de l’éducation artistique et culturelle depuis 2017. Fervent militant de l’éducation populaire, Robin Renucci défend une vision de l’art et de la culture comme un vecteur d’émancipation ouvert à tous.

LAISSER UNE EMPREINTE

Les métamorphoses attendues de la candidature et les impacts à long terme

La candidature au label Capitale Européenne de la Culture est une opportunité d’opérer une réflexion vers une nouvelle manière de concevoir et mettre en œuvre les politiques publiques à Bastia et dans l’ensemble de la Corse.

Il s’agira notamment de créer des conditions de travail adaptées pour les artistes, insulaires et de la diaspora, dans un dialogue permanent avec le reste de l’Europe et du monde, notamment avec les voisins de la rive sud de la Méditerranée.

S’engager dans la candidature Bastia Corsica 2028 est l’occasion d’inventer de nouveaux modèles d’interventions, de repenser les institutions artistiques et culturelles, dans des modes de fonctionnement plus inclusifs, inscrits dans un tissu social où la mixité est une valeur cardinale.

Elle devrait aussi inventer une façon de mobiliser les citoyens, de créer des opportunités de rencontres avec le patrimoine et l’art, avec la possibilité pour chacun.e de se créer son propre chemin vers l’art et la culture.

Dans le cadre du laboratoire d’innovation que constitue la candidature Bastia Corsica 2028, quels types d’actions et de programmes mériteraient d’être mis en oeuvre ? Avec quels moyens et quelles méthodes ? Quelles pourraient être les principales innovations à déployer à Bastia et sur l’île ? Comment infuser l’art et la culture dans les différentes politiques publiques ?

Dans quelle mesure cette candidature peut imprimer une trace pérenne pour l’art et la culture en Corse ?

De quelles transformations cette candidature est-elle l’étendard ?

Modératrice
Davia Benedetti

Davia Benedetti est Maître de conférences des universités, anthropologue et pionnière de la recherche anthropologique sur les danses et les pratiques spectaculaires en Corse. A travers son travail, elle veut réaliser des interactions entre recherche, création et pédagogie et ouvrir des perspectives de transdisciplinarité. Elle souhaite répandre la culture artistique au sein de l’Université à partir des pôles artistiques déjà existants. Elle ambitionne d’ouvrir des voies novatrices d’expression de l’identité corse par des moyens originaux et créatifs d’adaptation aux mutations contemporaines et d’ouverture sur le monde.

 

Artiste
Pasqua Pancrazi

Compositeur bastiais, Pasqua Pancrazi puise ses influences dans les sonorités 80s tel que l’italo disco, la new wave ou encore le Krautrock qu’il synthétise notamment sous le pseudo « Valediction ». Avant tout un électron libre, il met régulièrement son savoir-faire au service d’autres artiste pour lesquels il compose & arrange des titres. Cofondateur du collectif de Djs « LE DISKO », il vient de créer le label Lake of Confidence pour y diffuser le fruit d’expérimentations et d’échanges avec des artistes insulaires, nationaux et internationaux.

PARTAGER NOS COMMUNS

Comment promouvoir une société plurilingue d’un espace public commun ?

La cohésion de la société corse repose sur des communs, un art d’habiter les villes, les villages et les territoires. La construction de ces communs est consubstantielle à l’In situ ou au lieu : l’attachement à la communauté est avant tout un lien viscéral à la terre mais aussi aux rites et aux traditions ancestrales. Dès lors, le commun peut aussi être envisagé comme restrictif où les perméabilités avec l’extérieur, l’exogène ou l’ailleurs sont parfois difficiles à établir : la question migratoire reste un sujet de société important en Corse. Les communs s’incarnent également par le partage d’une langue à part entière qui ouvre également sur l’ensemble du bassin roman.

Ainsi, la candidature au label capitale européenne de la culture explorera cette dimension puissante et singulière des « communs » qui font sens dans le monde contemporain sans cesse en quête de recherche du « lien social « et du « vivre ensemble » parfois complexe à atteindre.

Plusieurs questions pourront traverser la candidature : Comment intégrer à la candidature les populations vivant en Corse issues de l’immigration ? Comment la candidature peut-elle promouvoir la constitution d’un espace public plurilingue ? Par quelles évolutions de ses dispositifs de transmission de la langue et de son apprentissage peut-elle faire de cette spécificité une force dans sa vie sociale et civique ? Et au-delà quelle sera la place accordée durant la candidature aux interventions dans l’espace public ou à l’art hors les murs ? Comment faire société dans une dimension plus inclusive autour de ces communs  ?

Comment favoriser l’intégration sociale et politique d’une population aux origines diversifiées, faite de moments d’immigration successifs ?

 

Modérateur
Sébastien Quenot

Sébastien Quenot est maître de conférences à l’Université de Corse. Son expérience au sein de la Collectivité de Corse, en tant que chef de service du conseil linguistique puis de directeur de cabinet du Président de l’Assemblée de Corse l’a amené à travailler sur les politiques publiques dans les domaines de la normalisation linguistique, de l’éducation bi/plurilingue et des politiques culturelles. Il est responsable de l’axe « Faire société dans un cadre interculturel » au sein de l’UMR LISA 6240.

 

Artiste
Thierry de Peretti

Metteur en scène, réalisateur et acteur, Thierry de Peretti est né à Ajaccio. Au théâtre, il est lauréat de La Villa Médicis Hors-les-Murs et obtient le Prix de la révélation du syndicat national de la Critique en 2001 pour Le Retour au désert de Bernard-Marie Koltès. Il a récemment mis en scène Les Larmes Amères de Petra Von Kant de R.W. Fassbinder au Théâtre de l’Œuvre. Il est acteur notamment dans les films Le Silence d’Orso Miret, Yves Saint-Laurent de Bertrand Bonello et Ceux qui m’aiment prendront le train de Patrice Chéreau. Au cinéma, après deux courts-métrages, Le Jour de ma mort et Sleepwalkers, il réalise Les Apaches – sélectionné à la Quinzaine des réalisateurs de Cannes en 2013 -, Une Vie Violente – sélectionné à la Semaine de la Critique de Cannes en 2017 – et Enquête sur un Scandale d’Etat – sélectionné en compétition au festival de San Sebastian en 2021.

 

Artiste
Antonia Buresi

Antonia Buresi mène depuis une quinzaine d’années une carrière au cinéma et au théâtre. Elle est apparue notamment à l’affiche du premier long métrage de Aude-Léa Rapin « Les héros ne meurent jamais » et plus récemment de “Enquête sur un Scandale d’Etat”, et aussi sur scène au théâtre dans  » Reconstitution : le procès de Bobigny » mise en scène par Emile Rousset, pièce retracant le procès crucial dans le combat pour l’avancée des droits des femme mené par Gisèle Halimi. Elle a également suivi des études d’Arts du Spectacle à la Sorbonne Nouvelle. Issue d’une famille militante, elle est également militante féministe.

ÊTRE(S) VIVANT(S)

L’art et les patrimoines naturels, les poumons de Bastia Corsica 2028

L’art et la culture jouent un rôle fondamental dans la prise de conscience des enjeux environnementaux et le partage de la mise en œuvre de solutions concrètes pour, à l’échelle humaine ou des communautés, agir contre les différents périls qui menacent la planète.

L’urgence écologique et l’anthropocène inspirent ainsi de plus en plus les artistes. La préservation du vivant et de la biodiversité devient un des sujets majeurs de la création artistique contemporaine.

Bastia et la Corse sont traversées avec force par ces enjeux, au vu des écosystèmes qu’elles abritent, sur terre comme en mer : la Méditerranée accueille des biotopes parmi les plus riches au monde mais également la plus menacée par les agressions et les transformations climatiques. En s’appuyant sur ce patrimoine naturel rare, la candidature Bastia Corsica 2028 pourrait ouvrir un terrain d’exploration et d’expérimentation, entre création artistique et conscience écologique.

Comment la Corse pourrait-elle favoriser l’émergence de projets de création porteurs des valeurs durables en lien avec les écosytèmes naturels de l’île ? 

Comment développer des projets croisés entre artistes et chercheurs (résidences, clusters d’artistes) ?

Quels partenariats pourraient être construits avec d’autres projets exemplaires en Europe ou sur le pourtour du bassin méditerranéeen ? Dans quelle mesure la candidature pourrait se faire le relai du Green Deal de la Commission Européenne (ensemble de principes et mesures devant permettre à l’UE d’atteindre la neutralité climatique d’ici 2050) ?

Modératrice
Vanina Pasqualini

Vanina Pasqualini est Professeur des Universités en Ecologie marine à l’Université de Corse depuis 2001, affectée à la Faculté des Sciences et Techniques et au Laboratoire Sciences Pour L’Environnement (SPE) du CNRS et de l’Université de Corse. Elle a assuré des responsabilités administratives tels que Doyen de la Faculté des Sciences et Techniques (de 2009 à 2014) et Vice-Présidente de la Commission de la Formation et de la Vie Universitaire (de 2017 à 2019). Elle est responsable scientifique du projet structurant « Gestion et valorisation des Eaux en Méditerranée » au sein du Laboratoire Sciences Pour L’Environnement depuis 2014. Ses thématiques de recherche portent notamment sur la restauration écologique des lagunes méditerranéennes.

 

Artiste
Antoine Viviani

Réalisateur et producteur, Antoine Viviani a réalisé plusieurs documentaires (pour REM, Arcade Fire et le réalisateur de clip Vincent Moon) et travaillé avec l’artiste vidéo Pierre Huyghe. Il a créé sa propre société de production, Providences, avec laquelle il a réalisé ses premiers films : « Little Blue Nothing » (2009), puis « Fugues », une série de courts métrages sur la musique classique. En 2011, il produit et réalise « In Situ » en coproduction avec ARTE, un long métrage documentaire pour Internet et le cinéma sur des interventions artistiques dans l’espace public en Europe. Il a reçu, pour ce film, le prix DocLab du récit en ligne à l’IDFA en 2011 et le prix Time Out du meilleur film urbain au festival Open City Docs de Londres en 2012.

INVESTIR L'ESPACE

Quelles géographies pour la candidature ?

Pour cette candidature, à territoire exceptionnel (une ville, une ile), des géographies « hors du commun » sont à  révéler. Ces géographies composent à elles seules une somme d’univers en soi. De ses rivages de la mer Méditerranée, bien commun universel, aux plus hauts sommets de l’île, les paysages à couper le souffle, marquent de leur empreinte le territoire. Les villes et la terre y produisent du sens, fédèrent l’ensemble des communautés et des générations.

Comment construire les parcours de la Capitale européenne de la culture qui fassent corps avec ce territoire hors du commun ?

Comment définir les territoires du projet entre le littoral et l’intérieur tant ils sont intimement reliés de manière ancestrale dans les modes d’habiter l’île ?

Comment intégrer la mobilité dans la candidature : des transports qui rapprochent la Corse du continent aux modes doux de découverte avec ses sentiers de randonnées de grandes renommées ?

Comment pousser les limites et proposer d’investir d’autres territoires de proximité (ou pas), caisses de résonnance, sous d’autres cieux que la Corse, de l’année titre ?

Et si ces géographies avaient à révéler une grande part de l’essence même de la Corse ?

Modératrice
Sylvia Ghipponi

Architecte, Présidente de l’Ordre des Architectes de Corse. Installée à Bastia, elle est également associée dirigeante d’une agence d’architecture à Paris et en Paca. Son travail privilégie les démarches de réappropriation et de transformation du bâti existant. Diplômée de l’Ecole d’Architecture Paris-Val-de-Seine, titulaire d’un DEA en Histoire de l’Architecture moderne et contemporaine de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, et d’un DU « Qualités Environnementales du Cadre Bâti en Milieu Méditerranéen » de l’Université de Corse, elle a aussi été enseignante vacataire des Ecoles d’Architecture à Paris et travaillé sur des décors de cinéma. Son travail privilégie les démarches de réappropriation et de réhabilitation du bâti existant, ainsi que ses transformations par restructuration, extension ou surélévation.

 

Artiste
Laetitia Carlotti

Lætitia Carlotti est artiste et ouvrière du paysage. Elle travaille en Corse, où elle dirige l’association arterra, qui œuvre au développement et à la diffusion de pratiques artistiques innovantes et contemporaines dans les paysages corses. Chercheuse en arts plastiques, elle développe des projets collaboratifs au long cours qui replace l’art au sein des activités d’usages tout en explorant la notion d’arrière-pays.

BOUSCULER, EXPÉRIMENTER

Quand l’île laboratoire réinterroge les modèles artistiques et culturels

En Corse tout est culture, l’île bouillonne et est riche d’initiatives artistiques, de présence créatrice, en témoigne la période du Riacquistu. Ancrée dans une tradition, sa culture a su aussi être accueillante à l’émergence de nouvelles modalités d’intervention et d’innovations.

L’île a toujours été un foyer méconnu/insoupçonné de création et d’expérimentations. Par la forte présence de pratiques amateurs, de nombreuses formations musiques actuelles, de café concerts, de pratiques artistiques hybrides, de propositions hors les murs et innovantes, par l’investissement de lieux atypiques, par la création de collectifs et de réseaux hors des institutions.

Cette matrice alternative fonde également les bases des singularités du projet culturel insulaire.

Dans le contexte européen, comment la Corse peut-elle révéler et accompagner les nouveaux talents des cultures alternatives ?

Comment accueillir l’expression de voix à la marge des espaces institutionnels, voire contestataires, dans le cadre de cette candidature ?

Comment les artistes corses peuvent-ils rejoindre et  s’inscrire dans les grands courants esthétiques européens contemporains en apportant une contribution spécifique, liée à son histoire et ses imaginaires ?

Comment la corse peut se muer en laboratoire culturel?

Modératrice
Dominique Verdoni

Dominique VERDONI est Professeur des Universités. D’abord certifiée du second degré (Major de la première promotion du CAPES de LCC en 1991), puis docteur en 18ème section (sciences de l’art) elle est recrutée en tant que MCF en 1995 à l’université de Corse au sein de la FLLASHS, puis comme Professeur des Universités en 2006 (« Inventaire et valorisation des patrimoines ». Elle est membre du concours d’agrégation des LDF (Langues de France).

 

Artiste
Ange Leccia

De ses premières expérimentations cinématographiques en super 8 à Poussière d’étoiles (2017) en passant par Mer (1991), les œuvres d’Ange Leccia offrent des moments en suspension où le temps et l’espace deviennent la mesure des émotions. Son travail propose une analyse charnelle de l’image où la lumière et les éléments naturels affirment l’énergie de la création. Après des études à la Sorbonne et un pensionnat à l’Académie de France à Rome, il enseigne à l’école des Beaux-Arts de Grenoble puis de Cergy. De 2001 à 2017, il crée et dirige le Pavillon au Palais de Tokyo. Ses oeuvres ont été exposés en France et à l’étranger (Paris, New York, Tokyo, Londres, Shanghai…)

DÉCALER SON REGARD

Les représentations de la Corse ouvertes sur le monde

L’identité est une notion complexe qui fait l’objet de débats récurrents : elle pose clairement la question des perceptions et de la représentation de ce que l’on est, de la façon dont on se représente, du sentiment d’appartenance à un monde plus vaste et de la perception que l’ailleurs à de nous.

En corse, l’approche des représentations est une thématique qui résonne avec les questions qui traversent la société plus largement, de par sa géographie et son caractère isolé, l’insularité peut favoriser des schémas endogènes, qui s’opposeraient à des regards universalistes qui relieraient la Corse à un monde plus élargi.

Entre ces deux polarités, une voie médiane peut se dessiner qui est celle décrite par Mona Ozouf dans Composition Française, ouvrage majeur publié en 2009 : « En chacun de nous existe un être convaincu de la beauté et de la noblesse des valeurs universelles, séduit par l’intention d’égalité qui les anime et l’espérance d’un monde commun, mais aussi un être lié par son histoire, sa mémoire et sa tradition particulière. Il nous faut vivre tant bien que mal entre cette universalité idéale et ces particularités réelles« .

Au délà d’une vision binaire, il existe des images à interroger, identité, insularité, iléité, territoire, imaginaire, fantasme, stéréotypes….

Comment la Corse peut-elle promouvoir dans le cadre de cette candidature une conception de l’identité qui ne la réduit pas et ne l’enferme pas dans des déterminismes mais, comme le dit Wajdi Mouawad :  « une route, un chemin, qui nous fait, toi et moi, nous ressembler un peu ».

A partir de ces questionnements, quels récits et éléments de langage développer pour contribuer au « désir » de Corse et pour nourrir les discours d’hospitalité ? Comment fonder une stratégie de marketing territorial qui s’appuie sur les substrats culturels de la société tout en développant les valeurs de bienveillance et d’ouverture à l’autre et à l’ailleurs ? Quels récits construire pour le développement des stratégies touristiques ?

Modérateur
Julien Angelini

Julien Angelini est enseignant-chercheur à l’Université de Corse en Sciences de l’Information et de la Communication, ayant soutenu sa thèse dans le domaine de l’intelligence territoriale et du développement local. Son expérience passée en tant que responsable de la communication digitale de la ville de Bastia lui permet également d’appréhender les enjeux d’image des collectivités publiques.

 

Artiste
Julia Knecht

Julia Knecht est soprano, diplômée du Conservatoire supérieur de Musique de Paris. Elle a déjà un riche répertoire à son actif, et ses prestations lui ont permis de parcourir la France et de nombreux pays étrangers. Elle s’est produite notamment au mythique festival de Bayreuth. Elle collabore également avec Olivier Cangelosi et a créé le trio féminin de musique de chambre “Les Nymphes”. Elle attache beaucoup d’importance à la transmission et est enseignante artistique au sein du Centre d’art polyphonique Mission voix de Corse.

 

André Dominici

André Dominici esr chanteur au sein de la formation Barbara Furtuna, un des groupes insulaires qui s’exporte le plus à l’étranger. Parmi les ambitions du groupe : ouvrir une voie artistique quasiment unique, refusant de se laisser enfermer dans les clichés et les répertoires stéréotypés.

DEVENIR(S) EN MÉDITERRANÉE

Le creuset méditerranéen

Par sa langue, par ses formes musicales et vocales, par son architecture et par ses traditions populaires, le substrat culturel singulier de la Corse la rattache à la Méditerranée. Cette « mer de l’intérieur » est un monde en partage, au sein duquel la Corse occupe une position stratégique, héritière d’une histoire marquée par les conquêtes, les luttes et migrations successives.

La candidature Bastia Corsica 2028 est l’occasion de révéler et de faire fructifier cet héritage dans un dialogue entre tradition et modernité, en lien avec plusieurs pays avec lesquels l’île entretient des rapports anciens ou des parentés culturelles : l’Italie, l’Espagne, la Grèce, les autres îles de Méditerranée, les pays de la rive sud, …

Quels projets singuliers construire qui fassent sens et rapprochent les rivages ?

Quels liens institutionnels pourraient être créés, ravivés, prolongés ?

Dans un contexte géostratégique où l’espace méditerranéen fait l’objet de toutes les attentions de la part des autorités françaises et européennes, quel rôle la Corse peut-elle jouer ?

Quels fils tisser avec les autres iles du bassin méditerranéen ?

Comment penser demain en Méditerranée et imaginer les devenirs ?

Modérateur
Alain Di Meglio

Originaire de Bonifacio (Corse), Alain Di Meglio est né en 1959 à Marseille et partage sa vie entre Corte et Bonifacio. Il est professeur des universités à l’INSPE (Institut National Supérieur du Professorat et de l’Education, composante de l’Université de Corse), spécialiste de langue corse et d’éducation bilingue. Depuis 2020, il est élu vice-président du Conseil d’Administration de l’Université de Corse. Il est aussi adjoint au maire de Bonifacio avec une délégation à la culture, au patrimoine et à la communication. Il est par ailleurs régulièrement auteur de poèmes, nouvelles, chansons ou chroniques en langue corse.

 

Artiste
Radhouane El Meddeb

Radhouane El Meddeb est un chorégraphe, danseur et acteur franco-tunisien, fondateur de la Compagnie de Soi. Formé à l’Institut supérieur d’art dramatique de l’Université de Tunis 1. En 1996, la section tunisienne de l’Institut international du théâtre lui donne le titre de « jeune espoir tunisien ». Il s’installe en France la même année. Il a collaboré depuis avec le Théâtre national de Toulouse, avec les Rencontres chorégraphiques internationales de Seine-Saint-Denis, avec le Centquatre-Paris ou encore avec les Festivals de Marseille, d’Avignon.

SE RACONTER EN EUROPE

Bastia Corsica 2028, un besoin d’Europe et des mondes à partager

La création artistique est une matrice pour repenser notre rapport au monde : elle en propose des interprétations, témoigne de ses évolutions et de ses tensions et nous aide à penser l’avenir.

La candidature est l’occasion de favoriser la création sous toutes ses formes pour rendre compte de la richesse et de la spécificité de la Corse, de sa culture et de son histoire, pour renforcer sa contribution à la création culturelle européenne, dans un dialogue nourri avec la Méditerranée, notamment avec ses îles mais aussi avec d’autres territoires européens, en imaginant des projets artistiques conçus pour cette candidature.

Bastia-Corsica 2028 est une invitation à s’immerger dans les substrats culturels de la Corse en les sublimant tout en proposant la rencontre, la friction et le métissage avec l’ailleurs, avec les grandes questions de société du monde contemporain, au prisme de rencontres artistiques avec des créateurs.ices et auteurs.ices d’autres territoires européens, de la Méditerranée occidentale et au-delà.

Quelles images révéler pour incarner la candidature ? Sur quels imaginaires tisser les fils des parcours artistiques ? L’incarnation de la candidature passera par la capacité de Bastia Corsica 2028 à construire une narration qui capitalise sur la richesse et la pertinence des récits à construire.

Modératrice
Bénédicte Dumeige

Artistes
Laure Limongi

Écrivaine, née à Bastia et vivant entre Paris et la Corse, Laure Limongi a publié une douzaine de livres dont Ton cœur a la forme d’une île (Grasset, 2021). Elle réalise régulièrement des conférences performées en écho à l’univers de ses ouvrages. Elle a été éditrice pendant une quinzaine d’années, créant et dirigeant les collections « & » chez Al Dante (2001-2003) puis « Laureli » chez Léo Scheer (2006-2012) – une soixantaine de livres ainsi publiés. Actuellement professeure de création littéraire à l’École nationale supérieure d’arts de Paris-Cergy (ENSAPC), elle a codirigé pendant six ans le Master de Création littéraire du Havre (ESADHaR-université du Havre). En parallèle, elle a été administratrice de la Société des gens de lettres pendant deux mandats, et a cofondé le Prix du roman d’écologie en 2018. En Corse, elle fait notamment partie de Providenza (Pieve) et Arte Mare (Bastia).

Artistes
Marie Ferranti

Professeur de lettres, Marie Ferranti publie son premier roman en 1995, intitulé ‘Les Femmes de San Stefano’ pour lequel elle obtient le prix François Mauriac. Encouragée par ce succès, elle poursuit sa carrière littéraire et donne naissance à plusieurs romans, souvent inspirés de sa Corse natale, comme pour ‘La Fuite aux Agriates’, ‘La Chasse de nuit’ ou ‘La Cadillac des Montadori’. Le style classique et épuré de Marie Ferranti est une seconde fois récompensé en 2002 pour ‘La Princesse de Mantoue’.